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Avignon, le Sacré-Cœur : hangar ou caserne de pompiers ?

Le Moyen-âge a couvert la France « d’un blanc manteau d’églises  » romanes, puis gothiques. Chaque siècle a suivi avec son propre canon de la beauté : renaissance, baroque, néo-classique, néo-gothique, néo-byzantin. Mais cette diversité s’exprimait dans la continuité : colonnes, chapiteaux, vitrail, surtout la pierre ! Continuité et habitude : on s’y sent chez soi. Depuis 1930, le béton règne en rupture totale avec la tradition : Pour son pavillon, on adore, mais pour son église, Ah, non ! Ce truc en béton, une église ? Un hangar ! Ça un clocher ? Une tour à sécher les tuyaux de pompiers ! On m’a décrit ainsi l’église du Sacré-Cœur d’Avignon. J’ai décidé de la passer au banc d’essai. Un grand terrain, de magnifiques platanes, il y fait bon. L’architecture extérieure : du massif, solide, sérieux, rigoureux. Le porche costaud confirme : du boulot d’ingénieurs. J’entre, c’est le choc : dans cette église, l’architecture c’est la lumière. Un émerveillement ! Très peu de béton, tout est lumière : là est la véritable continuité avec les maîtres des temps passés. L’Abbé Roy, le grand maître verrier avignonnais des années quarante et cinquante a signé les vitraux qui occupent près des trois quarts des murs. Pour une vue d’ensemble, placez-vous dans le chœur et regardez vers la grande verrière du porche qui encadre les dix immenses vitraux des murs est et ouest. Les bleus nuit profonds, les ors lumineux, les rouges flamboyants, oui il y a bien continuité et parenté avec le XIIIe siècle. Mes préférences : côté sud, les deux vitraux bleu nuit sur lesquels s’écoule une cascade de flammes ; et côté nord, le premier et le dernier : des millions d’étincelles, comme un bouquet de feu d’artifice. On est transportés dans les Mystères lumineux du chapelet de Jean-Paul II, plus particulièrement le 4e : La Transfiguration. Je me suis même laissé dire que chapiteaux et vitraux n’étaient pas indispensables : « Là où deux d’entre vous sont réunis, là je serai au milieu d’eux…  » Mais ça aide. J’ai testé pour vous : Il fait bon prier au Sacré-Cœur. Allez-y !

François-Marie Legœuil, septembre 2017

Deux des vitraux de l’Abbé Roy :

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