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Avignon : le Tétramorphe des Novices

La chapelle du noviciat des Jésuites – actuellement appelé Cloître Saint-Louis - malheureusement dépouillée de ses marbres, stucs et tableaux qu’avait tant admirés le Président des Brosses flânant par Avignon au temps du Roi-soleil, reste un haut-lieu de beauté. Laissez-vous imprégner par son baroque austère, si mesuré, si français… suivez l’allée centrale jusqu’à la dalle tombale losangée de Louise d’Ancezune, mécène des lieux sous Henri III, levez la tête : vous êtes au centre du superbe dôme, seule source de lumière naturelle de l’édifice. Aux quatre coins cardinaux, les quatre évangélistes assis dans chacun des quatre écoinçons du tambour, écrivent leur Bonne Nouvelle : saint Luc travaille sur ses genoux auprès de son taureau… saint Jean contemple son parchemin à l’ombre de son aigle, réduit à une aile par les ravages des temps ; saint Matthieu la main sur l’écritoire se retourne pour consulter son ange ; saint Luc, aux pieds de son lion nous montre la page d’Évangile qu’il vient de terminer. Le Tétramorphe : les quatre Vivants ailés tirant le char de la vision d’Ézékiel, repris par saint Jean dans son Apocalypse, assimilés aux quatre évangélistes par saint Jérôme, a été peint en 1735 par Jean-Denis Attiret, jeune novice jésuite qui allait bientôt partir pour la Chine, s’y illustrer comme peintre officiel de l’empereur Qianlong, et y mourir d’épuisement en 1768 étant « à la chaîne d’un soleil à l’autre » … « obligé de peindre du matin au soir sans se procurer d’autre repos que celui des repas ou du sommeil… ». N’hésitez pas, poussez la porte : quatre siècles d’Histoire, d’architecture, de peinture et de Foi vous y attendent…
Et allez sur ce site à la Rubrique « Flâner à Avignon » lire l’article très complet sur le sujet, intitulé : « Le Noviciat des Jésuites »

François-Marie Legœuil

Le chœur vu de la cour de Saint-Louis avec son clocheton :

Le Dôme baroque du Noviciat :

La coupole avec ses quatre écoinçons sur lesquels sont peints les quatre évangélistes :

Saint Marc dont on devine la tête du lion à droite :

Saint Luc avec le taureau :

Saint Matthieu et sa tête d’homme ou plutôt d’enfant bouclé à gauche :

Saint Jean dont on devine une aile de l’aigle à gauche... notez que saint Jean est représenté en très jeune homme dans les scènes évangéliques et en vieillard chenu lorsqu’il rédige à Patmos son évangile ou l’Apocalypse :

Les quatre Vivants, dans l’Ancien Testament et dans l’Apocalypse :

Ézéchiel chap 1 1-14 
J
« J’ai vu : un vent de tempête venant du nord, un gros nuage, un feu jaillissant et, autour, une clarté ; au milieu, comme un scintillement de vermeil du milieu du feu.
Au milieu, la forme de quatre Vivants ; elle paraissait une forme humaine.
Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes.
Leurs jambes étaient droites ; leurs pieds, pareils aux sabots d’un veau, étincelaient comme scintille le bronze poli.
Des mains humaines, sous leurs ailes, étaient tournées dans les quatre directions, ainsi que leurs visages et leurs ailes à tous les quatre.
Leurs ailes étaient jointes l’une à l’autre ; ils ne se tournaient pas en marchant : ils allaient chacun droit devant soi.
La forme de leurs visages, c’était visage d’homme et, vers la droite, visage de lion pour tous les quatre, visage de taureau à gauche pour tous les quatre, et visage d’aigle pour tous les quatre.
Leurs ailes étaient déployées vers le haut ; deux se rejoignaient l’une l’autre, et deux couvraient leur corps.
Chacun allait droit devant soi ; là où l’esprit voulait aller, ils allaient. Ils avançaient sans s’écarter.
Ils avaient une forme de vivants. Leur aspect était celui de brandons enflammés, une certaine apparence de torches allait et venait entre les Vivants. Il y avait la clarté du feu, et des éclairs sortant du feu. »

Apocalypse 4.8 :
« Devant le trône, il y a aussi comme une mer de verre qui a la transparence du cristal. Au milieu et autour du trône se tiennent quatre êtres vivants couverts d’yeux devant et derrière.
Le premier être vivant ressemble à un lion, le deuxième à un taureau, le troisième a le visage d’un homme et le quatrième ressemble à un aigle en plein vol.
Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes et ils sont couverts d’yeux tout autour et à l’intérieur. Ils ne cessent de dire, jour et nuit : Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout-Puissant, celui qui était, qui est et qui vient 
 »

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