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Les Bienheureuses (1) : Bollène, chapelle des Ursulines

Sur le côté de l’hôpital de Bollène, poussez la porte XVIIe, et la beauté vous emporte... Un retable doré occupe le fond du sol au plafond, œuvre, au Grand siècle, de l’Avignonnais Mézangeau. Autel à tombeau, tabernacle orné d’une sainte Véronique présentant le voile imprimé du portrait Christique, surmonté d’un panneau sculpté d’un ostensoir ; encadré par deux grandes portes à double ventail, ouvragées et dorées, surmontées de deux hautes statues aux tuniques plissées sous un zéphyr baroque. Au sommet, débonnaire, Dieu le père ouvre les bras. On le sent émerveillé par sa création... Ici, pour notre plus grand bonheur, le trompe-l’œil règne en maître : splendide plafond en caisson de fausse opaline, souligné d’une fausse balustrade de bois alternant avec de vraies grilles permettant aux sœurs cloîtrées d’assister aux offices sans se montrer... des murs abîmés soulignés de restes de vraies fresques, fausses colonnes encadrant de faux tableaux... quelques vestiges de mosaïque sur le sol... Mais cette vieille dame de chapelle est bien malade : de l’humidité suinte dans le minuscule oratoire de droite de la chapelle… les enduits se soulèvent… Dans cette splendeur aujourd’hui écaillée, ont vécu 9 Ursulines guillotinées à Orange en 1794 avec 23 consœurs, toutes en voie de canonisation. Elles composèrent et chantèrent ces paroles sous la guillotine : « Bien loin que la guillotine me cause quelque frayeur, mon Dieu me fait voir en elle un moyen très précieux qui, par une voie nouvelle, me conduit droit aux cieux. » Vous voulez les suivre dans leur dernière demeure, passez au chapitre suivant : La Chapelle de Gabet à Orange…

François-Marie Legœuil