Accueil   2 février, les crèches blanches provençales

2 février, les crèches blanches provençales

Fin novembre, de l’enfant aux Rois Mages tous les personnages des crèches « commerciales » sont en place : marketing touristique oblige ! C’est oublier que le cycle de Noël – l’Incarnation de Dieu dans la nature humaine - est un lent cheminement de foi et d’espérance : Noël se médite et se mérite. Pendant l’Avent – quatre dimanches avant Noël- on dispose les santons : bergers, moutons, ravi, curé, Arlésienne…

Quelques jours avant Noël, Marie et Joseph arrivant à Bethléem pour le Recensement, les auberges étant pleines, installez-les à l’étable entre âne et bœuf. Mais c’est seulement à la messe de Minuit - la nuit de la Nativité- qu’on déposera en procession l’enfant Jésus. Attendez ce soir-là pour l’installer chez vous avec vos enfants.

Le dimanche suivant, c’est la fête de l’Épiphanie - manifestation de Dieu- qui inclut trois Mystères clôturant le Temps de Noël : adoration des Mages, Baptême de Jésus, Noces de Cana. C’est donc le jour de placer les Rois Mages : Gaspard, Melchior et Balthazar et leurs cadeaux : l’encens, la myrrhe et l’or.

Quarante jours après Noël, le 2 février, c’est la fête de la Chandeleur – les chandelles – en l’honneur de la Présentation de Jésus au Temple. En Provence, ce jour-là, on dévoile la fameuse Crèche Blanche et les draps blancs servent alors à cacher celle de Noël, d’où son nom. Dans cette photo, prise à Saint-Symphorien des Carmes d’Avignon, on a gardé ouverte à droite la crèche habituelle tout en dévoilant à gauche, le 2 février, la crèche blanche : En général donc, on voile de blanc la crèche habituelle et on construit une autre crèche - dite Blanche - avec Marie et Joseph qui présentent jésus au Temple de Jérusalem selon la coutume du temps. On y place les deux autres personnages cités dans l’Évangile de saint Luc : le vieillard Syméon qui prit l’enfant dans ses bras en disant : « …mes yeux ont vu ton salut que tu as préparé à la face de tous les peuples : lumière pour éclairer les nations païennes… » et la prophétesse Anne âgée de 84 ans qui toujours selon Luc « proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. » On y ajoute le Grand prêtre accueillant les parents et l’enfant sous le portique du Temple. Ci-dessous, la crèche Blanche très complète des Carmes d’Avignon avec les six personnages de l’Évangile de Luc, et celle réduite à quatre santons de la cathédrale des Doms d’Avignon : Ne nous pressons donc pas pour mettre les santons : c’est la durée, l’attente et la succession des personnages et des situations qui font le prix de cette saga : Nativité, Baptême du Christ par Jean Baptiste, les Rois, Cana, la Chandeleur, temps de fêtes scandées de deux crèches, des 13 desserts, de crêpes, galettes, fèves et couronnes.

François-Marie Legœuil 

Pour une compréhension plus claire de ce qu’est une crèche blanche, voici le texte de l’Évangile de saint Luc 2, 22-40 qui est illustré par la Crèche Blanche :

« Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »

Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve,elle était arrivée à l’âge de 84 ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth. L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui. »