Retour à l'Accueil

Avignon : mais où sont donc passés nos Papes ?

Clément V ouvre l’histoire de nos Papes avignonnais. Archevêque de Bordeaux, sacré à Lyon, c’est un nomade qui séjourna à Poitiers, Montreux, Carpentras… un peu aussi à Avignon qui appartenait alors aux ducs d’Anjou. Décédé à Roquemaure, on le ramena à Uzeste, non loin de Bordeaux, dans la Collégiale qu’il avait bâtie. Allez voir son sévère tombeau de marbre noir, mais hélas ! sans sa tête martelée par les huguenots, grands pourfendeurs d’images. Son successeur, Jean XXII, ex-évêque d’Avignon, fut inhumé dans la cathédrale Notre-Dame-des-Doms, où l’on peut admirer dans la salle du trésor son mausolée gothique vandalisé à la Révolution mais qui porte encore beau, et voir au Musée du Petit-Palais d’Avignon deux des statuettes qui l’ornaient. Benoît XII, l’abbé cistercien de Fontfroide, choisit lui aussi d’attendre les trompettes du Jugement à Avignon et prit modèle sur le tombeau de son prédécesseur. Hélas, la Révolution, qui avait ses habitudes, réduisit en caillasse ce chef-d’œuvre : Clément VI, qui acheta Avignon à la reine Jeanne, préféra pour dernière demeure l’abbaye de La Chaise-Dieu où il avait débuté comme novice. Courez-y : le site, l’Abbaye, le festival d’orgues, la danse macabre et son tombeau, toutes ces merveilles seront votre récompense… Pour Innocent VI, il vous suffit de « passer le pont », le « pont du Royaume » bien sûr, pour voir son flamboyant tombeau, sauvé par Mérimée, dans la mélancolique nef en ruine de la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon. Urbain V, ancien abbé de la célèbre abbaye Saint-Victor de Marseille se fit enterrer, en bon Bénédictin comme les pauvres à même la terre sans aucun monument… C’était sans compter avec ses anciens moines, qui voulant bénéficier de sa notoriété, le déterrèrent pour le réinhumer princièrement à Saint-Victor. La Révolution en fit son œuvre habituelle : un tas de gravat…
Grégoire XI, c’est le dernier Pape français et d’Avignon, un champion de la carrière ecclésiastique : promu Cardinal laïque à 19 ans par son oncle Clément VI, à peine élu pape le 29 décembre 1370, il fut ordonné prêtre et évêque le même jour pour coiffer la tiare le lendemain… Pape du retour à Rome, il y est enterré à Santa Francesca Romana ; Je n’y suis pas allé, ne peux donc rien en dire : j’attends de vos nouvelles.
Ses deux successeurs avignonnais, Clément VII et Benoît XIII, sont élus et se maintiennent malgré les Papes de Rome… Antipapes ils furent : ils le restent devant l’histoire !
Clément VII fut enterré sous le maître autel du couvent des Célestins d’Avignon qu’il avait comblé de faveurs… les révolutionnaires en firent des graviers… vous pourrez voir son demi-buste passablement tuméfié au musée du Petit-Palais : Quant à l’anti Pape Benoît XIII - le fameux Pedro de Luna - contraint de quitter Avignon en 1403 après 5 années de siège terrible, il mourra à 90 ans en 1423 au château de Peniscola en Espagne : n’y étant jamais allé, je vous laisse rechercher sa dernière demeure si elle existe encore. Mais pour vous féliciter de m’avoir lu jusqu’ici, je vous offre ci-dessous la statue - moderne- du terrible, opiniatre et inflexible Benoit XIII que vous trouverez sur la place principale de Peniscola.

Amis amateurs, prenez votre bâton de pèlerin :
ces vieux Avignonnais vous attendent !
François-Marie Legœuil
Me contacter ? cliquez ici