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Caderousse : église Saint-Michel

Site étonnant : un rempart entourant partiellement le village, doublé d’un large fossé surplombé d’un haut remblai et d’un mur : inondations obligent, le Rhône est à quelques centaines de mètres. Passez le pont qui enjambe fossé, remblai et mur, abordez l’église par l’arrière : une merveilleuse place ombragée de grands arbres, un clocher mur et ses trois étages aux six cloches dans leurs niches, le gros bourdon au centre. Attendez que l’Angélus carillonne, vous vivrez un grand moment ! Passez sous les arcs-boutants et les blasons à demi-effacés, en longeant le mur du château d’Ancézune : devant la belle croix en ferronnerie au centre de la calade, la façade basse, trapue, élégante et sobre dominée par le mur clocher qui ici paraît bas, à sa droite le clocheton curieusement festonné de la chapelle, à gauche le portail de l’ancien presbytère d’où Jean Moulin émettait vers Londres pendant la guerre en compagnie du Curé. Ici, vous êtes hors du temps.Nef centrale et deux bas-côtés d’un gothique très simple, trop dépouillé en 1980, donnant sur un très beau petit chœur roman à la voûte en cul-de-four supporté par cinq délicieuses arcades cintrées. À droite, la surprise ! La chapelle d’Ancézune du nom de son donateur, châtelain du château mitoyen. Toute en longueur, avec la tribune seigneuriale haut perchée, et tout en haut, une voûte gothique anglais et son lacis de liernes et de tiercerons : dépaysement garanti ! C’est sa descendante Louise d’Ancézune, qui un siècle plus tard financera la construction de la splendide chapelle du Noviciat des Jésuites à Avignon. La fuite en Égypte, tableau du XVIIe vous retiendra quelques instants. Suivez lentement les bas-côtés, la statuaire vaut le coup d’oeil. Voulez-vous un instant d’émotion ? En sortant, sur le bas-côté gauche, une Vierge, les bras levés dans son Assomption provient de l’ancien prieuré voisin des Bénédictines. En face sur le bas-côté droit, une pauvre statue actuelle toute grise, rigide et un peu triste, c’est la Bienheureuse Marie-Rose, bénédictine de ce même prieuré qui monta si gaiement à l’échafaud d’Orange en 1793, en voie de canonisation avec ses 31 coreligionnaires. Caderousse : beauté, quand tu nous tiens !

François-Marie Legœuil, mars 2020


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